Henry du Grolandais Francis Kuntz sème la zizanie sur les écrans!
Lâche, bête et méchant, Henry est surtout atrocement drôle. Pas étonnant : c’est le héros du premier long métrage de Pascal Remy et Kafka (de son vrai nom Francis Kuntz) en salles le 31 mars.
À la mort de ses parents, Henry a transformé le salon de coiffure familial en magasin de musique et partage désormais un appartement avec sa sœur. Guitariste de bals populaires abonné aux salles polyvalentes et autres concerts en maisons de retraite, Henry ne manque pas d’ambitieux projets pour améliorer son quotidien. D’abord, coller sa sœur en hôpital psychiatrique. Ensuite, profiter de l’enterrement de son meilleur pote pour saouler la mère du défunt et la dépouiller de son héritage. Enfin, évincer ses concurrents musicaux, à grands coups de petites mesquineries et de bassesses innommables. Henry n’a aucun scrupule : il pousse un alcoolique repenti à boire, flirte avec un parti d’extrême droite et ment comme un arracheur de dents…
Bédéiste (il a publié trois albums) et dessinateur pour L’ Echo des Savanes ou Fluide Glacial, Kafka, de son vrai nom Francis Kuntz, est surtout connu depuis 1995 pour son personnage de journaliste raciste, misogyne et réac’ dans l’émission satyrique Groland, sur Canal +. Les ressemblances entre le citoyen grolandais et Henry sont d’ailleurs légion : mêmes « qualités » morales assorties d’un redoutable humour noir, même dégaine de looser (cheveu filasse, hygiène douteuse), même ancrage provincial (le film a été tourné à Nancy, dont est originaire Francis Kuntz). Mais le casting s’affranchit de cet héritage, réunissant la fine fleur de l’humour français : sur la route d’Henry, on croise Bruno Lochet des Deschiens, Elise Larnicol des Robins des Bois, Lucien Jean-Baptiste (réalisateur de La première étoile) ou Jean-François Derec… Coréalisé par Pascal Rémy, qui fut, entre autres, conseiller à la mise en scène sur Les trois frères de Bernard Campan et Didier Bourdon, le film séduit aussi par son refus de céder à tout formatage. Immoral et décomplexé, odieux et politiquement incorrect, Henry souffle un air de liberté bienvenu dans le paysage cinématographique français : à l’exact opposé des discours bien pensants, il en dit finalement long sur notre société et les travers de la nature humaine.







