Despuès de la revolución de Vincent Dieutre, fragments d’une ville rêvée
Voyage intime et mélancolique au cœur de Buenos Aires, Despuès de la revolución de Vincent Dieutre sort en salles le 28 avril.
Comme Bologna Centrale ou Entering indifference, Despuès de la revolución prend source au cours d’un voyage. Vincent Dieutre visite Buenos Aires pour la première fois, à l’occasion d’un festival de cinéma. C’est une première visite, pourtant la cité lui est familière : il la rêve et la fantasme depuis toujours, inspiré par les récits que lui en ont fait ses amis argentins à Paris.
Portrait de Buenos Aires, que l’on découvre le temps de longs travellings en voiture dans les rues de la capitale, le film est autant carnet de voyage que journal intime : Despuès de la revolucion (« après la révolution » en français) est parcouru d’une douce mélancolie, celle d’un cinéaste venu du « vieux continent » et qui contemple, sans pouvoir s’y mêler tout à fait, l’énergie d’un pays plein de promesses. D’ailleurs, Dieutre met en scène ses retrouvailles avec un ancien amant, dans des séquences de sexe que les coupes du montage rendent mécaniques et silencieuses, comme si elles n’étaient que le simulacre d’une jeunesse qui s’échappe peu à peu. Pour illustrer les dualités multiples entre ville fantasmée et ville réelle, avenir et souvenirs, Buenos Aires et Paris, Dieutre déploie un tramage de matériaux riche et varié : les plans sur la ville, vibrants de fureur et d’énergie, se superposent à l’image d’un vieillard qui esquisse un pas de tango ; la voix du cinéaste, évoquant souvenirs et rencontres, se mêle à celle d’Ana Canestri, qui dit en espagnol des poèmes argentins et s’efface peu à peu pour laisser place aux accords d’une musique sourde et moderne… C’est de cette syntaxe poétique et singulière que surgissent, puissantes, l’harmonie et l’émotion.







