Rétrospective à partir du 1er décembre
Bonjour Mr Watkins !
Pourquoi La Bataille de Culloden, tournée en 1964, nous parle-t-elle encore comme si elle avait eu lieu hier ?
Pourquoi la chasse à l’homme de Punishment Park (1971), revue près de quarante ans après, reste-t-elle aussi bouleversante ?
Pourquoi sa sidérante évocation du péril atomique, La Bombe (1965) nous donne-t-elle aujourd’hui encore autant à réfléchir ?
Pourquoi sort-on vivifié des 5h45 de La Commune (Paris 1871), sa dernière œuvre, tournée à Paris en 1999 selon de nouveaux modes exploratoires (patient travail préparatoire avec deux cents acteurs, longs plans-séquences, décor minimaliste en studio) ?
Parce que Peter Watkins est un chercheur, un explorateur, un artiste qui a quelque chose à dire : certes « le monde est un épouvantable gâchis », mais justement il ne faut pas se cacher les yeux, au contraire le montrer tel qu’il est, avec ses guerres, et sa cruauté, et partout la domination. Il faut essayer de le changer, lui restituer un peu de sa beauté, et pour cela, avant tout nous débarrasser de nos œillères : ces facilités auxquelles le cinéma nous habitue. Remettant en cause cette « Monoforme » standardisée directement issue des codes mis au point par Hollywood, à laquelle il a consacré de longues réflexions (voir son livre Media Crisis), Watkins nous rappelle que le cinéma peut être autre chose qu’une industrie : un art collectif. Du coup il déroute, inquiète, réveille, bref: cet artiste fait de la politique.
Jean-Luc Porquet (extrait du dossier de presse)







