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SOLEIL LES REGARDE SECTEUR 545 est accompagné en salle par ce tryptique réalisé par Pierre Creton. |
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UNE FOIS TROIS FILMS LE SOLEIL LES REGARDE est un triptyque : LA TOURNEE avec Gilbert, le marchand des quatre saisons. UNE SAISON avec Yves, l’homme en colère. LA VIE APRES LA MORT avec Jean, l’ami perdu. Ce sont trois films à l’origine presque sans sujet, seule la relation ou le désir d’une relation avec Gilbert Lethuillier, Yves Edouard et Jean Lambert m’ont conduit à vouloir les réaliser. Cette relation, avec chacun d’eux, induisait une multiplicité de relations et de désirs. C’est en passant par des règles du jeu appropriées à chacune de ces relations, que prennent forme ces trois films. L’intérêt suscité par chacun de ces trois hommes ne fut pas du même ordre, j’eus donc recours à des moyens plus ou moins réalistes ou lyriques pour témoigner de leur singularité. |
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LA TOURNÉE
Un film de Pierre Creton 18 min - 35 mm – couleur – 1/66 – Mono – France – 1997 – visa n° 105 308 Avec Gilbert Lethuillier, Mr Hao, Mme Lhonneur, Mme et Mlle Bouché, Mme Poret, Mme Laperdtix, Mme Anquetil, Mme Deschamps, Mme Lefèvre, Mr Chrysostome, Mme Maillard, Mme Henry, Mme et Melle Panel, Mr Loisel, Mr Bataille, Mme Saval, Mme Vaudry, Mr et Mme Ebran, Mme Boulanger, Mr Neveu
Synopsis Gilbert Lethuillier est
le père d’un ami d’enfance retrouvé vingt ans plus tard.
C’est un an après l’avoir accompagné tous les vendredis
à Yport pour vendre le beurre qu’un film m’a semblé
possible. J’ai filmé La Tournée sur une seule
tournée, Vendredi 20 juin 1997, la veille de l’été
; ce qui impliquait des considérations
météorologiques dans chacune des discussions. Cette
unité dans le temps a renforcé la forme documentaire.
" Ce n’est rien. Yport. Un vendredi après-midi comme chaque semaine. La tournée de Gilbert avec ses oeufs, ses pommes de terre, rien ne vaut la Charlotte, son beurre demi-sel et ses oignons. Et mine de rien, de maison en maison où il est attendu, à travers quelques échanges sur le temps et le prix des choses, des vies nous sont offertes. Des mains, des toiles cirées, des papiers peints, des tabliers et des gilets tricotés, des coupes de cheveux et des napperons, tous ces signes d’une vraie intimité, sans parole interprétative, tels quels, auxquels nous avons accès parce que la camera n’est pas une intrusion, que le cinéaste est connu, a fait lui-même la tournée en d’autres temps, et que l’image est donnée sans histoire, révélant les histoires. Rare privilège. " Françoise
Lebrun.
Octobre 2005
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UNE
SAISON Un film de Pierre Creton 15 min - 35 mm – couleur – 1/66 – Mono – France – 1997-1998 – visa n° 105 309 avec Catherine Pernot et Yves Edouard
Synopsis
Aucune tentative de filmer le travail chez Yves Edouard n’a abouti. J’essayais par ailleurs d’écrire un scénario, imaginant une fiction plus adaptée à la situation : aucun recul n’était possible. C’est dans cette impossibilité que je racontais à Catherine Pernot une amie, ma rencontre avec lui. Elle en fit le récit que j’enregistrais et que je travaillais ensuite comme un texte. Elle dut se le réapproprier afin de jouer l’histoire. En même temps je tenais Yves Edouard au courant de la forme que prenait le film. C’est dans cette continuité que je lui demandais un entretien. Comme s’ils étaient entrés dans la peau de leurs personnages, Catherine témoigne et Yves se prête aux questions. "Pierre est embauché par Yves pour travailler à l’endiverie, l’histoire nous est contée par une femme, une amie, une non comédienne. Elle hésite, chaque mot, chaque phrase prend du poids, on se demande si elle hésite parce qu’elle a oublié ce qu’elle veut dire, parce qu’elle cherche le mot juste, parce qu’une émotion forte l’étreint. Et on se dit que c’est parfois une raison, parfois une autre, que c’est celui qui regarde qui en décide. Cette projection, cette ballade du spectateur sur ce visage qui se tourne de temps en temps vers la lumière, puis vers nous, cette voix disant les rapports entre Yves, Martine et Pierre... comment on s’allie, comment on s’approche de l’autre et comment il peut vous violenter, vous faire souffrir. Et c’est l’amie qui dit ces mots, elle est une actrice, elle transfigure tout, donc elle est une actrice. Je la regarde et toute la fragilité, la préciosité de la représentation, de la transmission, de la capacité ou non de faire naître la fiction est dans ce plan, dans ce visage qui dit, cette parole suspendue et je suis profondément émue. Enfin sans afféterie, sans tricherie, Yves nous parle, il dit sa violence, celle qui gagne presque toujours, puis celle qui peut perdre parce qu'elle se heurte à celui qui ne peut la supporter au tréfonds de son âme, et l'espoir renaît de l'évidence qu'une force tranquille mais inflexible peut être convaincante. Tout cela dure 15 minutes, 15 minutes de limpidité, de profondeur humaine." Marie Vermillard. Mai
2004
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LA VIE APRÈS LA MORT Un film de Pierre Creton 23 min - 35 mm – couleur – 1/66 – Mono – France – 1993-1999 – visa n° 105 310 Avec Jean Lambert, Pierre Creton, Marie Lepallec, Ariane Doublet
Synopsis
J’avais littéralement organisé ma rencontre avec Jean Lambert. Dès que j’ai connu cet homme, je me mettais à redouter sa mort, n’avait-il pas tenté de m’en prévenir : “choisir un ami si vieux”. En son absence, l’idée de sa disparition me revenait; déjà vivant il me manquait. La nuit nous écoutions des Javas jusqu’à ce que la peur se dissipe. Nous avons en tout cas bien ri devant la caméra toute seule, bêtement en train de nous filmer. Peut-être que la solitude était la chose que nous avions à partager, risiblement. Début 1999, Ariane Doublet lui rend visite pour la première fois et le sollicite pour son film sur l’éclipse - Il lui dit qu’il essaiera de tenir jusque-là. Avril 1999 Jean Lambert est retrouvé mort, le coeur s’étant arrêté. Marie Lepallec et moi achetons la maison de Jean Lambert à ses filles qu’il n’avait pas revues depuis vingt ans. C’est dans la maison vide que j’ai commencé La vie après la mort. "La vie après la mort commence par un cours de mise en scène... et pourtant cet homme assis à une table, ce plaisir d’être filmer, cette interrogation sur l’espace (les places, la table nue, des tasses c’est mieux ? - oui c’est mieux et on choisit, on tranche, on mettra en scène avec les tasses, puis les deux voix dans un plaisir cacophonique se mêlent...) Envie de dire des mots d’exaltation: la légèreté, l’absence de complexe, l’audace, la croyance. Oui il y a quelque chose de religieux dans cette figuration, Pierre Creton serait un peu un Saint François d’Assise de la camera HI 8 justement parce qu’il n’en a pas la prétention mais qu’il en a la grâce infinie." Marie Vermillard. Mai
2004
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